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Ahmet Özden (zurna), Ali Özden (zurna ), Serkan Turnaci(clarinette), Bülent Ustaoðlu(saxaphone), Faruk Giley (davul, darbuka), Rüstem Çembeli (davul, darbuka)
Né dans la musique, Ahmet Özden a travaillé plusieurs années avec le fameux jazzman turc Okay Temiz avant de créer l’ensemble Kumpanya Istanbul. Il part régulièrement en tournée dans de nombreux pays du monde. Confronté à de nouvelles sonorités, sa conception de la musique évolue.
Le sens de l’improvisation et le goût des mélanges hérités de cette époque jouent un rôle prépondérant dans la musique du groupe. L’ensemble parvient à marier les évolutions musicales turques, thraces et balkaniques avec l’héritage des musiques tziganes. Ces six musiciens dégagent une intense énergie, peu importe les occasions qu’ils célèbrent. Poignante, leur musique déploie le même vocabulaire pour accompagner l'homme qui va se mesurer à son semblable dans un combat amical mais sans merci (lutteurs traditionnels de Kirpinar) et le couple qui fête son union devant ses proches. |
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Le groupe se compose de deux zurna, de deux davuls, d’un darbuka, d’une clarinette et d’un saxophone. Malgré leur ressemblance avec les antiques grosses-caisses de nos fanfares, les davuls s'apparentent davantage aux dhols indiens avec lesquels ils partagent les même étymologie et la même technique, l’instrument se joue des deux côtés. Leur rythme tonique est une invitation à la danse. Le zurna quant à lui, se lance dans des envolées lyriques. Ce hautbois traditionnel peut nous tirer des larmes, mais aussi nous pousser à l'euphorie. Lors d'une discussion enflammée avec les autres cuivres, il peut, à tout moment, exploser en rires frondeurs et entraîner la clarinette et le saxophone dans une plaisante joute humoristique.
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Ils sont six, sobres et droits, vêtus de chemises blanches et de pantalons noirs, tziganes d'Istanbul, musiciens comme ils respirent. Deux d'entre eux portent le tambour en bandoulière et les quatre autres arborent fièrement des instruments de bois ou de métal nés pour muer l'énergie du vent en notes sensibles. Malgré leur ressemblance avec les antiques grosses caisses de nos fanfares, les davuls s'apparentent davantage aux dhols Indiens avec lesquels ils partagent la même prononciation..
Des six musiciens turcs, il se dégage une intense énergie qui suggère aussi bien l'arrivée de la fête que l'imminence du drame. La poignante musique est paradoxale : elle déploie le même vocabulaire pour accompagner l'homme qui va se mesurer à son semblable dans un combat amical mais sans merci (lutteurs traditionnels de Kirpinar) et le couple qui fête son union devant ses proches. Sur les davuls, tout est bon a frapper; même le cerclage de bois est parfois sollicité pour apporter une nuance plus sèche aux résonances. Toujours tonique, ce tambour sait nous faire vibrer en profondeur tout en nous incitant à danser. Le zurna peut nous tirer des larmes, mais aussi nous pousser à l'euphorie. Lors d'une discussion enflammée avec les autres cuivres, il peut, à tout moment, exploser en rires frondeurs et entraîner la clarinette et le saxophone dans une plaisante joute humoristique. Ce large assortiment de sentiments est dû à la grande adresse des virtuoses qui sous la direction d'Ahmet Özden transforment l'honorable théâtre de la Ville en champs de réjouissances païennes. Tour à tour, les instrumentistes nous offrent leur moment de bravoure, dialogue vif et pertinent des derboukas, solos aériens du saxophone et du clarinettiste, arabesques lyriques des zurnas. Le temps d'un morceau, tous les musiciens s'arment d'un davul et bâtissent un émouvant orage de rythmes. Le spectacle, d'essence populaire, emprunte aussi, avant de se conclure, des chemins plus savants avec quelques improvisations sophistiquées où l'on décèle les traces du jazz, autrefois pratiqué par Ahmet Özden aux côtés du grand percussionniste Okay Temiz . Après une dernière mélodie nostalgique le groupe redouble de conviction festive et clôt la soirée sur un souriant paroxysme.
Ensemble tsigane d’instruments à vent
Ahmed Özden (zurna), Ali Özden (zurna), Savas Zurnaci (clarinette), Bülent Ustaoglu (saxophone), Faruk Giley et Rüstem Cembeli (davul-darbuka)
Il existe en Turquie une importante communauté tsigane spécialisée dans la profession musicale dont est issu Ahmet Özden, joueur de zurna. Ce dernier a travaillé plusieurs années avec le fameux jazzman turc Okay Temiz avant de créer l’ensemble de musique turque.
Le génie tsigane est d’avoir conservé et sublimé les musiques que leur voyage les a amenés à interpréter. Ainsi, être musicien tsigane signifie avoir constamment deux choix: soit être l’ange gardien farouche d’un style traditionnel, soit, grâce à leurs nombreuses expériences musicales acquises au cours de l’histoire, brouiller les cartes. C’est ce à quoi s’attache l’ensemble.
Ahmet Özden et ses compères réussissent à créer un nouveau souffle virtuose à travers cette petite "fanfare de chambre": savant mélange entre la clarinette, le saxophone et la zurna (hautbois traditionnel).
Ce souffle virtuose, malgré la fureur d’improvisation qui l’anime, reste toujours profondément ancré dans la tradition turque, thrace, et bien sûr balkanique, évitant une certaine dérive pseudo-jazzy. Pour cette raison, ce groupe peut être annonciateur d’une nouvelle évolution de la musique traditionnelle. Réconcilier la clarinette qui fit son apparition au XVIIIème siècle dans les cafés-amans d’Istanbul avec la zurna, le hautbois furieux et strident des campagnes, offre déjà en soi une nouvelle perspective et prouve que, pour les tsiganes, jouer, c’est aussi créer.
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